Le trottoir

Rappel des faits : une série de tweets a été publiée le 4 février invitant les hommes à se comporter en féministes. Dans cette liste, de très bonnes idées (comme celle à mon sens de ne pas minimiser le harcèlement sexiste, celle d'être à l'écoute d'une amie lorsque celle-ci indique avoir été victime d'un comportement sexiste), des moins bonnes idées (ne plus rire à l'humour sexiste, je me base personnellement sur la qualité d'une blague pour en rire, pas sur sa nature sexiste ou raciste ou quoi que ce soit d'autre), et des idées, à mon sens, carrément mauvaises. L'une d'entre elle a d'ailleurs provoqué un tollé général sur le réseau social. Cette proposition, la voici :


Ulcéré, j'ai réagi comme souvent de manière très violente à ce tweet, et j'ai eu la chance de pouvoir très brièvement en débattre avec mes interlocuteurs féminins. Ne parvenant, la plupart du temps, pas à exprimer mon point vue, j'ai décidé d'écrire une mini-fiction résumant mon avis sur cette question.

* * *

Tout a commencé par une proposition plutôt séduisante : le gouvernement pour lutter contre le viol décidait que, la nuit ou le jour, dans tous les endroits où une femme se trouvait seule, il était de la responsabilité des hommes la suivant sur le trottoir de démontrer leur bonnes intentions. Les hommes devraient donc à partir de maintenant changer de trottoir à chaque fois qu'ils se trouveraient derrière une femme seule.

Au début bien sûr, des railleries s'élevèrent, on se moquait ouvertement sur plusieurs réseaux sociaux de cette initiative gouvernementale destinée disait-on à se mettre l'électorat féminin dans la poche jouant sur la peur, hélas souvent justifiée, de celui-ci. Mais au final, l'intention l'emporta et il fut démontré qu'elle était très bonne : les chiffres des viols baissaient, quelques arrestations se firent. Évidemment quelques unes se firent par erreur, mais on ne faisait pas d'omelette sans casser d'œufs comme disaient les plus extrêmes féministes.

Puis vint une autre proposition, plus audacieuse cette fois-ci, toujours dans le but de réduire à néant les viols qui, bien que diminuant, ne disparaissaient toujours pas. Cette fois-ci le gouvernement se proposait de diviser les bars par sexe afin d'éviter les débordements qui avaient souvent lieu après les soirées arrosées. Les femmes iraient dans un bar, les hommes dans un autre. Ainsi chacun(e) serait en sécurité pensait-on et les chiffres des viols baisseraient. Les critiques s'avérèrent beaucoup plus acerbes, quelques voix s'élevant en faveur du "mieux vivre ensemble", d'autres moquant un gouvernement décidément décidé à céder à des peurs animales pour obtenir une réélection à tout prix aux élections approchant. Ce qui arriva fut cependant extrêmement intéressant : les chiffres baissèrent radicalement, les viols tombant même à zéro pendant le mois de janvier. L'écrasante majorité des femmes pouvait enfin rentrer chez elles tranquillement, boire un verre entre ami(e)s sans qu'un gros relou vienne les emmerder. La vie était plus douce.

Si je devais définir le moment où tout bascula, je dirais sans l'ombre d'un doute lorsque cette nouvelle proposition tomba : le gouvernement décidait de mettre en marche un système de transport en commun divisé selon les sexes. Passée une certaine heure, les femmes prendraient le noctambus ou bien le métro qui leur était réservé, afin de ne pas risquer un quelconque type d'agression. L'État partait en guerre contre les violences de tout type. Il fallait en finir avec ces chiffres insupportables qui même s'ils avaient considérablement baissé, narguait une administration bien décidée à ne pas s'en laisser conter. La directive fut accueillie sous les huées d'une majorité de concitoyens qui arguait que cela n'était pas sans rappeler la situation qu'avait affronté Rosa Parks aux États Unis, cette fois-ci justement en refusant de s'asseoir dans un bus pour nègre selon la terminologie alors employée. Des pancartes "Nous sommes tous des nègres" virent alors le jour certains même - par provocation avançait-on - s'immiscèrent des les transports féminins. Ils en furent chassés systématiquement, purgeant encore aujourd'hui de lourdes peines que l'État infligea alors "à titre d'exemple".

Des association se montèrent, pour indiquer le caractère hautement ségrégationniste des dernières lois d'un État qui paraissait prêt à en découdre. Le gouvernement répondit par une nouvelle loi amenant à séparer complètement les hommes et les femmes en toutes circonstances. Des endroits adéquats, sous surveillance caméra et dans les zones considérées "à risque", sous la tutelle d'un ou plusieurs agents. Ainsi, les rencontres se feraient sous un œil avisé, et dans la plus grande sécurité. Ce fût le coup de grâce : les chiffres chutèrent de manière drastique et le 0 se maintint même pendant 6 mois. Une victoire écrasante de l'administration qui ne fut, hélas, pas réélue. L'opposition ne fit cependant absolument rien et ne changea pas la loi.

* * *

Vous l'aurez bien compris, ma petite "fable" ci-dessus est volontairement exagérée, le but étant de faire prendre conscience à mon sens de la société biaisée dans laquelle on vit. Nous avons décidé de ne plus affronter les problèmes que nous rencontrons en tant que groupe d'individus, et nous choisissons de céder à la panique plutôt que de s'éduquer.

À titre de rappel, selon mes très courtes recherches, il y a eu 4.983 cas de viol en 2011 en France (je n'ai pas trouvé de chiffres plus vieux que 2011). Sur ces 4.983 viols, 432 ont été réalisés sur des hommes, 906 sont des viols conjugaux. 16% des femmes déclarent avoir subi des rapports forcés.

Des chiffres qui personnellement me donnent le vertige et la nausée. Car évidemment, en dehors de ces chiffres, il y a tout ce qui est tu, tout ce que les victimes n'expriment pas. Le chiffre de 75.000 viols par an a été avancé à plusieurs reprises, je suis honnête, je ne sais pas du tout s'il est vrai ou bien inventé, je n'ai rien trouvé là-dessus.

Mais une fois qu'on a bien regardé ces chiffres, il apparaît évident qu'il faut changer de mentalité et vite. Est-ce que la solution c'est de changer de trottoir ? Je ne pense absolument pas non. Et c'est bien là tout le problème. Je pense qu'il est complètement inutile de changer de trottoir car enfin, qu'est-ce que cela apporte à part de l'eau au moulin de ceux qui jouent avec la peur des femmes qui nous entourent ? Sur Twitter, beaucoup de femmes ont tweeté "je ne me suis jamais faite agresser, mais j'ai toujours peur en sortant le soir tard".

La triste nouvelle, c'est qu'on en est tous là. Il y a un risque et il existera toujours malheureusement. Lorsque je sors de chez moi, je peux me faire renverser par une voiture et mourir, je peux me faire agresser pour un portable ou pire, une pièce! et perdre la vie par une suite d'événements complètement malheureux. Lorsque je vis, je prends le risque de mourir, ou de me faire blesser, agresser, tuer... Bien sûr, il faut réduire ce risque, mais nous devons le faire ensemble. Nous devons être unis, pas montés les uns contre les autres. Ça fait quelques années que la France est désolidarisée, personne ne fait rien contre ça. Alors changeons les mentalités, battons-nous pour que les filles n'aient plus peur le soir en partant et ça passe par une "destigmatisation" des mentalités, par une éducation ni plus ni moins mais, à mon sens, pas par un changement de trottoir.

23 commentaires:

  1. Salut Charles-Edouard,

    Pour moi tu te fourvoie complètement, pour deux raisons principales.

    La première c'est que tu t'évertue à considérer que ce "changer de trottoir" est donné comme une solution et que jamais tu n'essaies de le considérer pour ce qu'il est : une simple demande faites aux hommes de se mettre à la place des femmes et d'envisager la peur _spécifique_ qui est la leur en tant que femme qui se font si ce n'est quotidiennement au minimum très fréquemment emmerder (et c'est un euphémisme) par des hommes et qui entretien chez elles un climat de peur sous-jacente bien compréhensible surtout le soir tard avec personne autour. Oui tout le monde peut avoir peur seul le soir tard dans la nuit, et j'ai peur, mais c'est la peur de tout le monde, pas une peur spécifique due uniquement à ma condition et reposant sur au moins un facteur tangible qui est celui de la fréquence d'emmerdement que m'apporte cette condition (la condition féminine, suis un peu merde quoi).
    Donc non changer de trottoir n'est pas une solution, ça ne remplace pas l'éducation dont tu parle, et il n'a jamais été question que ça la remplace, c'est juste une demande de prendre en considération une peur et de faire un geste anodin (car ça le reste, anodin, malgré la profonde signification sociétale que tu y décèle) pour apaiser cette peur : juste un demande de se mettre pour une fois un tout petit peu à la place de l'autre.

    Deuxième erreur, plus grave, que tu fais, c'est que tu semble croire que cette demande vise à réduire le risque de viol. Ce n'est pas ça, ça ne vise qu'à réduire une peur, d'ailleurs la même Crêpe Georgette qui a publié ces tweets disait bien dans ses réponses aux détracteurs -- statistiques à l'appui -- qu'en tant qu'homme on a plus de chance de se faire agressé dans l'espace public qu'une femme.
    Dans ta fable comme dans les chiffres que tu donnes ensuite sans complètement les mettre en perspective, tu accrédite l'idée que le viol est surtout commis par des inconnus tard le soir dans les recoins sombre, comme le veut l'imaginaire collectif : or (et ça on le sait, moi en tout cas, grâce à l'éducation des masses par les féministes) le viol est très très majoritairement commis par des proches, souvent membres de la familles ou amis de la famille.
    Donc non la mesure visant à changer de trottoir ne peut pas réduire drastiquement le nombre de viol dans la société, ta fable n'est pas vraisemblable de ce point de vue (or tu as essayé de garder une certaine vraisemblance malgré l'exagération n'est-il pas ?)

    Et enfin pour finir, il existe une charmante coutume dans les transports en commun bondés visant à peloter les fesses ou toutes autres parties érogènes de nos congénères féminines, qui a trouvé son paroxysme notamment au Brésil, au Mexique et au Japon. Qu'on fait ces pays ? Ils ont réservé des rames exclusivement aux femmes pendant les heures de pointes. Ça ne me paraît pas une mesure qui met démesurément (t'as vu la pertinence du vocabulaire avec ce mesure/démesurément ?) en danger le vivre ensemble, juste une réponse plutôt normale en attendant que l'éducation fasse son oeuvre. Sinon il faut faire quoi ? Laisser les femmes se démerder avec les mains baladeuse en attendant et on finance une campagne de communication par voie d'affichage sur le respect entre les sexes ?
    http://www.liberation.fr/monde/2012/04/29/rio-de-janeiro-rames-de-dames_815173

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    1. C'est très très bien et ton point de vue est évidemment très intéressant et très enrichissant. Je continue de penser et de dire que changer de trottoir c'est pourri et que je ne vois pas pourquoi ou en quoi cela arrangerait les choses. Tu me connais suffisamment (certes pas IRL) pour savoir que l'élégance est une chose à laquelle je tiens donc BIEN SÛR je changerai de trottoir. Je continue de penser cependant que c'est aller à reculons et ne pas affronter RÉELLEMENT le problème.

      Mais certes, je ne suis pas un homme et bien entendu, je n'ai pas la moindre idée de cette peur en particulier et ne pourrai jamais l'expérimenter.

      Je soulignerai enfin que si les viols, statistiques à l'appui, se déroulent dans un milieu "familial", alors cette "mesure" de faire changer les hommes de tottoirs et encore plus ridicule que ce que je pensais. Mais effectivement, tu as raison, mes connaissances en matière de viol sont très limités et cet article est plus un coup de sang qu'un écrit réfléchi. Il y a donc des imperfections et probablement je l'admets des choses qui feront sauter les gens au plafond.

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  2. Moi je fais plutôt l'analogie avec les motards qui veulent doubler une voiture. Depuis quelques années, les automobilistes se sont "éduqués" (je ne sais pas exactement ce qui a déclenché ça ...) à se décaler sur le côté pour permettre aux 2 roues qui les suit de les doubler en toute sécurité. En guise de remerciement, le motard tend le pied une fois la voiture dépassée.
    Tout ce petit rituel est :
    1) est fort sympathique de la part de la voiture.
    2) permet au motard de se sentir en sécurité pour doubler, il sait qu'il a été vu.
    3) finalement un momet de partage, de courtoisie, de sympathie.

    Imagine que cette mode de traverser le trottoir prenne :
    Une nana marche la nuit seule et se sent suivie, donc flippe sa race
    Elle voit son suiveur changer de trottoir et arriver à son niveau de l'autre côté de la rue (Ouf)
    En guise de remerciements elle lui sourit et s'il est à son goût lui fait un clin d'oeil.
    Ils baisent toute la nuit
    Les viols sont éradiqués

    Bon plus sérieusement, le violeur s'il traverse ça ne lui coupera pas l'envie (j'aurai voulu trouver un autre mot mais je suis pressée) pour autant.
    Mais pour le non-violeur, c'est peut-être un sacré plan Q en perspective ...

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    1. Moui pourquoi pas. Se conduire en gentleman n'amène pas toujours des plans cul, je suis pas persuadé qu'une ruelle sombre propice au viol soit le meilleur endroit pour faire des rencontres mais bon, on a déjà vu des trucs plus absurdes arriver alors pourquoi pas ?

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  3. Moi je ferai plutôt l'analogie avec les *jeunes issus de l'immigration*, souvent sur-représentés dans les chiffres de/selon la police :

    « Alors s'il te plait le jeune, si tu es un peu typé maghrébin ou sénégalais, aurais-tu l’obligeance de changer de trottoir quand je rentre le soir ? ça me rassurerait… parce que tu comprends, même si tu ne vas rien me faire, à TF1 ils ont dit que c'était souvent des "comme toi" — enfin tu vois ce que j'veux hein, no offense »

    => Là ça ne choque personne ?

    Moi j'appelle ça la théorie de la peur.

    Tout le monde ou presque risque un jour ou l'autre de se faire agresser. C'est le monde dans lequel on vit et il change (heureusement) petit à petit. Des tarés il y en a et il y en aura toujours; les recommandations, la morale, les lois ne les arrêtent pas.

    Bien sûr ce conseil en apparence plein de bon sens n'a pas vocation à arrêter les agressions mais à rassurer les victimes potentielles. Mais il les enferme aussi dans leurs peurs, quand il faudrait apprendre à les affronter. Affronter ses peurs ne veut pas dire agir sans discernement, mais la prudence ne doit pas devenir de la paranoïa — sinon on ne vit plus… Cette recommandation sur "le changement de trottoir" ne fait qu'entretenir le climat de peur.

    Si vous divisez par 2 votre peur chaque fois qu'un homme change de trottoir, par combien allez-vous la multiplier chaque fois qu'un "ignorant" restera sur le même trottoir que vous ?

    -- B0ZZE

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  4. Moi je ferai plutôt l'analogie avec les *jeunes issus de l'immigration*, souvent sur-représentés dans les chiffres de/selon la police :

    « Alors s'il te plait le jeune, si tu es un peu typé maghrébin ou sénégalais, aurais-tu l’obligeance de changer de trottoir quand je rentre le soir ? ça me rassurerait… parce que tu comprends, même si tu ne vas rien me faire, à TF1 ils ont dit que c'était souvent des "comme toi" — enfin tu vois ce que j'veux hein, no offense »

    => Là ça ne choque personne ?

    Moi j'appelle ça la théorie de la peur.

    Tout le monde ou presque risque un jour ou l'autre de se faire agresser. C'est le monde dans lequel on vit et il change (heureusement) petit à petit. Des tarés il y en a et il y en aura toujours; les recommandations, la morale, les lois ne les arrêtent pas.

    Bien sûr ce conseil en apparence plein de bon sens n'a pas vocation à arrêter les agressions mais à rassurer les victimes potentielles. Mais il les enferme aussi dans leurs peurs, quand il faudrait apprendre à les affronter. Affronter ses peurs ne veut pas dire agir sans discernement, mais la prudence ne doit pas devenir de la paranoïa — sinon on ne vit plus… Cette recommandation sur "le changement de trottoir" ne fait qu'entretenir le climat de peur.

    Si vous divisez par 2 votre peur chaque fois qu'un homme change de trottoir, par combien allez-vous la multiplier chaque fois qu'un "ignorant" restera sur le même trottoir que vous ?

    -- B0ZZE

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    1. Bruno, tu le sais, je suis en accord total avec ton commentaire. Je n'ai rien à ajouter, je trouve que la dernière phrase est absolument merveilleuse en ce qu'elle résume parfaitement ce que j'ai voulu raconter.

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    2. J'interviens tout de même sur ce commentaire de B0zze, que je trouve particulièrement choquant en effet, mais pas comme il l'entend j'en ai peur.

      Le sujet de base était sur les femmes dans la rue, nous sommes bien d'accord.
      Les femmes dans la rue se font généralement agressées par qui ? (hormis les ours polaires qui peuvent être particulièrement hargneux) Par des hommes, ok.

      Tu fais l'analogie en prenant des Arabes ou des Noirs, en leur donnant le rôle de l'agresseur.

      Alors 1. C'est Eric Zemmour qui va être content.
      2. Normalement pour qu'une analogie marche, il faut que les corps correspondant dans les deux comparaisons... aient des similitudes fortes. Tu compares donc "les hommes en général" à "les Arabes et les Noirs". Les seconds seront ravis d'apprendre que les ont rejoints sur le banc des minorités tant d'humains d'un coup d'un seul. Et puis ça va les soulager aussi, de voir que "les hommes en général" pourront partager avec eux ce qu'ils se prennent dans la gueule de la part de certains partis depuis trop longtemps déjà.

      En fait, pour que ton analogie marche, il aurait fallu mettre les Arabes et les Noirs à la place des femmes dans l'équation.

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    3. — "C'est Eric Zemmour qui va être content."

      Point Godwin, déjà ?
      Soit tu n'as pas compris l'analogie, soit tu essaies de la détourner à ton avantage. Me taxer de racisme alors que j'essaie justement de mettre en évidence la dérive possible de ranger un groupe d'individus dans la case "agresseurs potentiels" sous prétexte qu'une partie l'a déjà été ou *pourrait* l'être .
      En somme, de faire de la présomption de culpabilité.

      Les hommes, sans être une minorité, constituent un groupe dès que dans la démonstration tu les sépares des femmes. Quand bien même TOUS les agresseurs de femmes seraient des hommes, RIEN ne permet d'affirmer que tous les hommes sont des agresseurs.

      Donc demander à un groupe — de par son genre, sa condition, son origine, etc. — de se comporter différemment vis-à-vis d'un autre, c'est déjà une forme de stigmatisation, de discrimination et d'inégalité. Ça me semble aller à l'encontre des idées du féminisme qui visent justement à abolir ces inégalités.
      (Merci de ne pas retourner cette dernière phrase contre moi façon "Qui es-tu pour savoir ce qu'est le féminisme ?", ce serait un peu léger)

      C'est un/mon point de vue global, théorique de la situation.
      Je trouve dommage et dommageable d'entretenir un climat de peur, faute de mieux.

      ***

      Maintenant en pratique et comme d'autres l'ont déjà dit, si cela rassure les femmes (mais aussi les personnes âgées, enfants et toute personne en position de faiblesse apparente) que je change de trottoir, je le ferai sans hésiter, ça ne me coûte rien.

      Amicalement,

      Bozze

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    4. Ah oui, je n'avais pas compris que c'est ce que tu voulais dire, ou plutôt les craintes que ce sujet pouvaient faire naître chez toi.

      Ben je crois que tout se trouve dans ta dernière phrase, et surtout dans la parenthèse. Ce débat est parti faussé, parce que, à mon sens, cette phrase initiale qui a tout lancé n'était pas adroitement formulée. En même temps, 140 caractères et compagnie ; en même temps, les militantes féministes dont je ne fais pas partie peuvent s’essouffler de rabâcher des choses qui leur semblent évidentes, et perdre parfois patience et pédagogie.

      Plusieurs points semblent avoir choqué (pas seulement des hommes d'ailleurs) :
      - la présomption de culpabilité ;
      - mettre tous les hommes dans le même panier ;
      - ça ne règle pas le problème de fond des agressions.

      Sur le dernier point, j'ai donné mon avis plus bas.

      Sur la présomption de culpabilité, ce ne sont pas ici les féministes ou les femmes ou les chiffres ou moi ou ma tata Augustine qui faisons peser avec cette idée une présomption de culpabilité. C'est LA PEUR qui crée la présomption de culpabilité.
      La peur d'un homme, la peur d'un adulte, la peur d'un groupe, d'un plus costaud que soi, d'un différent, d'une femme, d'une foule, d'un chien, whatsoever (j'argumente également en anglais fluent, pour un débat international tavu).

      Quand je dis que le débat était faussé, c'est parce que - à mon sens - qu'est-ce qu'on s'en fout que la personne qui a peur soit une femme, un homme, un enfant, une personne âgée, un petit chat ? Si on se rend compte à un moment, toi, moi (et pourtant, toute personne qui m'a vue ici sait à quel point je suis impressionnante physiquement #pointironie), si on se rend compte donc, toi, moi, qu'on est générateur de peur chez quelqu'un, il me semble une évidence comme à toi de faire un geste pour faire retomber cette tension. C'est la peur de l'autre qui a fait de nous, à cet instant T, un coupable présumé, alors qu'on allait juste acheter du saucisson.

      Après oui, cette peur-là, pour bon nombre de femmes, elle leur est inculquée dès le plus jeune âge et elle leur colle à la peau. Et elle est dirigée contre les hommes.
      Cette injustice-là, qui veut que l'éducation des filles + les faits, leur inculquent une trouille des hommes, ne peut pas se réparer en claquant des doigts. Râler pour une éducation moins #genrée et se battre pour éradiquer chaque jour les relents de sexisme fera qu'on arrivera petit à petit à inverser cette tendance. Dans cette attente, puisqu'elles ont cette peur (et que certains hommes l'ignoraient même, ce débat aura au moins eu le mérite de le révéler), il est possible de soulager ce truc-là.
      Mais, effectivement, comme on soulage une mamie qui se met à serrer fort son sac à main contre elle, ou un gosse qui s'accroche aux bretelles de son cartable comme si c'était son ultime parachute. Qu'on soit homme ou femme. Costaud ou pas, noir ou blanc, avec une hache ensanglantée dans la main non je déconne.

      1/2

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    5. 2/2

      Sur le point "mettre tous les hommes dans le même panier". J'ai beaucoup lu et entendu depuis l'autre jour "mais je suis pas un monstre moi !" "je suis un type bien !"
      À la fois, je comprends cette insurrection à ne pas vouloir être mis dans le même sac que les ordures.
      À la fois, ça m'échappe totalement, parce que ça voudrait dire que d'un côté il y aurait des gros méchants salauds, des espèces de monstres psychopathes, et de l'autre les gens pipous qui aiment leur prochain et envoient des bisous avec le bout des doigts (en forme de coeur, les bisous).

      Les agresseurs, les violeurs, sont pour la très grande majorité des gens parfaitement normaux. Comme mon voisin, comme ma tata Augustine, comme moi.
      Ce manichéisme sociologique que certains opèrent là est un peu déroutant. Non, il n'y a pas des fumiers d'un côté et des bons de l'autre, la vie n'est pas un film. J'ai connu un mec qui avait violé puis tué, et qui à côté de ça faisait chaque jour 10 km à pied pour aller soigner un grand-père pauvre qui n'avait personne pour s'occuper de lui.
      Moi qui suis une personne fabuleuse (et modeste), demande à l'Ado la grandeur de ma pédagogie et de ma patience quand il avait volé une fringue dans un magasin et que je l'ai réveillé à coups de beignes dans la poire.

      Ces personnes qui crient, qui hurlent "Mais je suis pas un monstre !!", qui veulent-elles convaincre ? Si ce n'est elles-mêmes ?
      Personnellement, avec ma petite expérience de l'humain, je sais tout le bien dont il est capable. Et tout le mal aussi. Je serais donc totalement incapable de proclamer que moi, je ne suis pas monstre. Que c'est les autres, seulement.

      Bien à toi,
      Nordy

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  5. Bon ça va être méchant, mais ce que tu appelles une petite fable, ça me fout la gerbe, je m'y suis prise à 4 fois pour la lire en entier. Désolée, c'est pas juste un peu exagéré, c'est stupide. Heureusement qu'il y a le reste de ton article parce que sinon...( et Rosa Parks avait pris une place pour blanc dans un bus mixte il me semble) ( et je crois aussi que des rames de métro sont réservés aux femmes dans certains pays pour soit disant les protéger, je connais peu de féministes qui approuvent)

    Bref passons au fond du problème... Je vais pas reprendre ce qui est dit en commentaires et avec quoi je suis grosso modo d'accord. Oui ce n'est pas une solution en soit, il faut de l'éducation ( prévenir/guérir) cela dit, puisqu' hélas beaucoup de filles ont peur ( moi pas trop, mais en en parlant sur twitter je me suis dit que j'avais plus peur que je le croyais) ( cela dit marcher la nuit dans une rue éclairée plutôt qu'une ruelle sombre me semble juste être du bon sens, même si en France on est pas en Colombie niveau sécurité dans la rue) ( beaucoup de parenthèses)

    Ce hastag, m'a fait de la peine parce que je n'imaginais pas que plein de filles à qui je parlais avaient si peur qu'il leur arrive un truc grave à caractère sexuel, parce qu'elles se disent que en tant que filles, elles risquent 10 fois plus que les mecs. J'ai des amis mecs qui se sont fait agresser le jour, la nuit ( vol de téléphone dans le métro, vol de fric à la sortie d'une soirée étudiante...) et en fait je ne connais qu'une fille qui s'est fait agressée la nuit ( Virgo) et dans son article, l'aspect sexuel était plutôt présenté comme une menace genre " regarde jusqu'où on est près à aller si tu nous donnes pas ton sac " ( mais ne minimisons pas pour autant, on pourra jamais savoir toutes leurs intentions quand ils l'ont plaqué au sol). Du coup, quand je rentre tard, je me dis pas " oh t'es une fille tu es en danger " je me dis " bon il est trois heure du mat, y aura peut être des gens bourrés qui vont te faire chier, traine pas dans les ruelles sombres. Ce qui fait que je prends les grandes rues avec des vitrines et qu'en pleine nuit, je fais du lèche vitrine... ( mes potes me prennent pour une folle )
    Cela dit, je comprends ces filles qui ont peur, ces filles à qui on dit " non mais t'as vu la taille de ta jupe " " non mais tu l'a vachement aguiché, t'étonne pas après"...
    PUTAIN ;) c'est toujours les meufs qui doivent faire gaffe, qu'on rend implicitement responsable de ce qui leur arrive et pour une fois on demande aux mecs de faire un truc : changer de trottoir ! Eh bah même si c'est pas une solution parce que l'agresseur il changera pas de trottoir, je trouve ça tout bonnement MERVEILLEUX ! Et alors que je trouve que niveau feminisme, crepe georgette c'est " salut je viens d'ouvrir une porte là, vous avez tous bien vu ?" j'ai presque envie de la prendre dans mes bras ! ( mais je préfère prendre dans mes bras Colombe Pringle)

    Et ouai Bozze a raison aussi, dans la peur des filles, je suis sûre que si le mec a le look manif pour tous, y en a qui auraient moins peur, et ça aussi ça ne disparaitra qu'avec un peu plus d'éducation.

    Voilà c'était décousu, mais ta fable m'a vraiment fait trop mal au bide pour que je vienne pas raconter des trucs en commentaire ;)

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    1. Je comprends et respecte ton point de vue, mais je ne pense pas que tu répondes absolument à ma fiction. Le but de celle-ci était d'expliquer que ce que l'on encourage c'est de céder à la peur. C'est probablement écrit maladroitement quand je vois les réactions.

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  6. Je vais intervenir pour dire pas grand chose, mais j'ai quand même envie d'écrire à un endroit ce qui me turlupine dans cet article, et dans cette histoire.

    Bon déjà 1) en effet la partie "fable" de l'article est à coté de la plaque. Quelques commentaires avant moi le soulignent, c'est pas le but de cette (orchestral) manoeuvre in the dark. Mais donc venons-y. Je sait et comprend qu'une femme de par son éducation, de par notre société vit dans la peur, dans CETTE peur. Je suis conscient de ça.

    Si ça ne me dérange pas le moins du monde de changer de trottoir (je serais presque prêt à l'appliquer sur les champs élysées, vers minuit, le coeur pas très ouvert à l'inconnue et mettre 6h à les remonter), parce que ça ne me coûte rien, que je me met à la place de l'autre, et qu'en tant qu'homme qui doit moins subir cette peur c'est du bon sens. MAIS je trouve qu'il y a bien, à l'instar des trames de métro réservées aux femmes, un triste constat d'échec sociétal dans cette proposition.

    Pour moi PERSONNE ne fait d'effort en appliquant cette idée, bien au contraire : on baisse TOUS les bras. On se divise et on laisse gagner la peur de l'autre. Peut-être même qu'on renforce les différences existantes. Ma réflexion ne va pas beaucoup plus loin, je suis ultra noob du féminisme. Sur les 23 (je crois) points énoncés par crèpes georgette, tous mes paraissent être du bon sens, mais ce point en particulier me fout les boules, ça me rend triste.

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    1. C'est exactement ce que j'ai voulu dire en fait à travers la fable et le reste : c'est un constat d'échec cuisant et on laisse la part belle aux "violeurs" ou aux "agresseurs". Évidemment que je changerai de trottoirs, évidemment que je serai heureux de le faire et que je prendrai plaisir à me comporter en gentleman. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que je ne règle rien et pire, que je laisse le problème prendre plus de place.

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  7. Puisque Henri a tout dit fort justement, je réponds à ton interrogation, qui est "ça ne règle rien au problème".

    Je pense que le "problème" ici n'a peut-être pas été compris. Il ne s'agissait pas de régler le problème du viol ou de l'agression dans la rue. C'est par une éducation des masses et des bouleversements complets de l'éducation et des suivis familiaux qu'on pourra commencer à faire baisser ces chiffres-là. Pas en changeant de trottoir. Parce que, effectivement, tous les mecs bien intentionnés peuvent changer de trottoir, quel rapport, puisqu'ils étaient bien intentionnés ? Quant aux mecs mal intentionnés, bah c'est pas un trottoir qui les empêchera de faire ce qu'ils ont à faire.

    Le problème ici était la peur. La peur que tout un chacun peut ressentir dans une ruelle sombre la nuit ; certains hommes sont tout gringalets et/ou hyper froussards et/ou ont vécu de mauvaises expériences, et se trimballent aussi des boules au ventre en rentrant seul, tard le soir.
    Sauf qu'en l'occurrence on parlait des femmes.

    Quand tu approches un gosse qui ne te connaît pas trop, il se méfie toujours, certains vont même jusqu'à chialer d'entrée. Est-ce que pour autant, tu te dis "Rien à foutre, moi je SAIS que je n'allais pas lui coller une tarte, alors je continue tel quel" ? Bien sûr que non. Tu adaptes ton comportement aux émotions qui sont face à toi.
    Ça t'est forcément déjà arrivé de faire sursauter quelqu'un en entrant dans une pièce alors que l'autre était concentré(e) sur un truc. Oups, désolé, tout ça. Alors que bon, qu'est-ce que tu avais fait, sinon entrer dans la pièce ?

    La peur, que d'aucuns disent avec la plus grande des facilités qu'il faut la combattre nom de Dieu !, elle peut être si profondément ancrée au fin fond de soi que la combattre relève du défi. L'éducation, le vécu, la #sociétépatriarcale, les uns ou le tout réuni y contribuent.

    Imaginons, puisque tu es parti dans le cadre de l'imaginaire, une personne qui a subi une agression. Dans la rue. Elle a mis le temps à ressortir, elle y arrive péniblement. À la seconde même où elle a été agressée, elle s'est sentie coupable, responsable de son agression. À tort, bien entendu, mais c'est comme ça, la raison a du mal à prendre le dessus. Des mois ou des années plus tard, elle a encore peur dans la rue, et des gens lui disent : "Dis donc, faut arrêter maintenant. Ta peur, faut la COMBATTRE !" Elle aura gagné + 100 points en honte, puisqu'elle n'y arrive pas.
    On n'est pas tous égaux devant nos trouilles et nos façons de les faire taire.

    Je ne crois pas qu'il faille changer de trottoir dès qu'on se retrouve derrière quelqu'un dans la rue. Mais que, lorsque la situation est glauque (nuit, rue désertique) et qu'on sent la personne devant soi pas sûre (jette de brefs coups d'oeil en arrière l'air de rien, etc.), la moindre des choses est de s'adapter à cette émotion d'autrui et de la soulager.

    Tu te lèves bien pour laisser les vieux s'asseoir dans le bus, non ?

    Il y a eu une confusion, je répète, où certains ont pu penser que ce truc visait à diminuer le nombre d'agressions. Alors qu'il s'agit simplement d'être attentif à l'autre.

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    1. Beaucoup de pertinence dans ton commentaire, merci. Je dois dire que je ne l'avais pas du tout envisagé sous cet angle. C'est très juste.

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    2. Globalement : Nordy présidente.
      Là où je comprends le point de Charly (et de Bozze) c'est que je voyais plutôt l'esprit "ségrégationniste" du conseil, car on attendra plus du mec de 90 kg en bombers qu'il change de trottoir que du petit gringalet en Barbour et que quelque part cette idée me dérange, que d'autres représentent plus la peur que d'autres, je ne sais pas si c'est très clair ...

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    3. (J'ai dû googler "barbour")

      Oui, je comprends ce que tu veux dire. Si je traduis, tu crains que la même peur qui est inculquée aux filles par leur éducation vis-à-vis des hommes, soit plus orientée vers tel ou tel type de personnes dont les médias par exemple pourront faire des vecteurs de peur potentielle.

      Je comprends la crainte hein, mais je crois qu'encore une fois on est à côté puisque l'idée de base n'est pas une espèce de prescription (ou une loi genre lol) faite aux mecs, mais simplement un rappel de "hey, sois attentif à ton voisin sur ton chemin" (ou passe le message à ton voisin, je ne sais plus).
      Et que les gens fassent un geste pour rassurer une peur ou non, les médias continueront à bullshiter sur les mêmes, je ne vois pas en quoi ça influerait là-dessus...

      Mais sinon, c'est un peu naturel (note que je n'ai pas dit "normal", mais "naturel", qui vient du mot "nature" hein) qu'un type de 1,90 m et 120 kg soit un peu plus impressionnant physiquement que je sais pas moi, euh toi ou moi ?
      Je ne trouve pas ça malsain d'avoir conscience de son corps (spécial dédicace à la connasse du bus qui s'assoit toujours à moitié sur ma cuisse è_é), de même que de la force qu'on peut avoir d'ailleurs (jeux de mains, jeux de vilains, tout ça).

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  8. Comme tout le monde, la fable ne sert à rien mais les propos la suivant sont censés.

    J’avais pensé à l’analogie de B0zze, Nordi ne retient que les incohérences dans le choix des objets de l’analogie et passe à côté du fond, à savoir que le raisonnement est le même (un groupe devrait changer ses habitudes parce qu’un autre a des préjugés sur ce qu’il va faire). Ce parallèle (j’espère que ce terme convient mieux qu’analogie et que je vais pas me faire tataner le tronche) a le mérite de montrer que raisonner sur des préjugés et sur l’insécurité est un procédé assez vicieux pratiqué par des personnes avec des idées assez étroites (je me doute que ce n’est pas le cas de CG, mais t’as beau avoir une conclusion noble, si ton raisonnement est contestable elle tient pas franchement debout) (sauf pour un programme électoral #obv).

    Le problème au final c'est que les femmes ont peur, même s'il leur est rien arrivé, même si statistiquement les mecs ont plus de chances de se faire emmerder dans la rue (d’après ce qui est dit ci-dessus, j’ai appris cela ce soir).

    Qu'est ce qui leur fait peur, la réalité ? Non. Il ne s'est rien passé, c'est juste la peur de ce qui pourrait se passer. C'est l'angoisse. Et cette angoisse d'après tout ce que j'ai pu lire (pas énormément au final) là dessus provient de leur éducation.

    Comme la plupart de ce que j'ai lu, ce qui m'a choqué n'est pas tant la demande mais c'est les raisons qui amènent à la formuler. C’est cette éducation. Cette raison qui pousse les femmes à penser que les hommes sont une menace potentielle. Ce ne sont pas les chiffres, ce sont la focalisation qu’on leur accorde (c’est très mal formulé mais on se comprend). La logique est contre toi, il t’arrivera rien dabs 99.99% des cas. Sauf qu’on t’a dit que c’était possible et même si les probas sont avec toi, tu penses uniquement au 0.01%. C’est humain. Et dans ce cas c’est la peur. Ou plutôt l’angoisse si on veut employer les bons mots.

    La peur (je vais me répéter) c’est quand ça arrive là tout de suite devant toi, c’est effrayant. L’angoisse c’est quand il s’est rien passé et que tu penses qu’il peut se passer quelque chose. J’ai envie de rajouter illégitimement si on se fie aux chiffres (oui ça fait TRES moche dit comme ça). Exprès. Pas pour être cynique, juste qu’au final dans la réalité tout s’est passé dans la tête des filles (je reste dans l’exemple des filles, comme si les hommes, soyons fous, ne devraient pas demander à des femmes de changer de trottoir, dans quel monde vivrait-on !) (tu la sens venir ma conclusion ?)

    Tout vient des #gens ( ?) qui bourrent le crâne des filles (restons dans le #genre) que c’est probable. Voir CERTAIN.

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  9. Personne ne mentionne le tweet qui m’a le plus choqué (et qui reprend l’impact de l’éducation)

    « les femmes -meme si elles s'en degagent souvent - sont elevées ds la peur "si tu sors tuseras violée et situ es violée autant que tu meures" »

    WTF ?
    Ok, remballez les chiffres et la logique.

    Ton père est pas qu’un voleur d’étoile, c’est aussi un gros connard. Ta mère ? Les deux ? La famille ?
    Et si c’est pas eux, QUI / QUOI vous a fait penser cela ?! C’est la société ? Je vis dans la même, j’ai rien vu, on m’a rien dit (la théorie du genre était pas encore appliquée dans les écoles !!! ;)))))))))))))) ) (oui ce smiley est nécessaire, on est sur internet, le second degré n’est pas non plus enseigné à l’école). C’est les films ? La pub ? C’est TF1 ? Les séries ? LES JEUX VIDEOS ?!!! #obligé (pardon à la famille tout ça, ah bah non pas la famille c’est peut-être eux…)

    On va partir du principe qu’il n’y a plus une personne en âge de raisonner par elle-même qui accepte ceci.

    Je vis dans le même monde et j’ai l’impression que ce n’est pas le cas. Mon constat c’est que je suis complètement ignare quant à l’éducation que les filles reçoivent ou de ce qu’elles perçoivent de tout ce qui nous entoure (par rapport à cette problématique).

    C’est le moment où je suis content que des féministes gueulent pour faire changer les choses. Je ne sais pas exactement tout ce qui est sous-entendu dans ce tweet mais j’aimerais vraiment le savoir. Et j’aimerais vraiment que des choses se passent pour changer cette éducation de merde. Parce qu’il faut vraiment être le dernier des trous du cul pour faire entrer une fille dans cette psychose.

    J’ai du paraître bien con dans mes propos (attends la fin)

    Cet « épisode », appelons-ça « un mardi sur twitter », m’a rappelé plusieurs choses :

    1/ Le féminisme n’est pas un simple idéal commun objectif, ce n’est pas la simple recherche de l’égalité entre les sexes. Les femens me l’avaient déjà bien montré : certaines de leurs actions sont géniales, d’autres sont complètement contre productives voire stupides. Le féminisme c’est comme la politique, il y a des courants, la pensée diverge (haha ;) ). En tant que mec je pensais que le but (égalité homme femme) étant une telle évidence qu’il rassemblerait. Non, la nature humaine (ai mis ça sinon j’aurais mis « l’homme » car le masculin l’emporte toujours sur le féminin #tavu #sympa) fait que la pensée individuelle (ou d’une partie) passe avant le bien commun.

    2/ Il y a des cons partout. Mais genre y a pas un endroit qui est épargné sur terre. Faut pas oublier qu’on est tous le con de quelqu’un (ou de plein de gens parfois), mais aussi que même les gens qu’on apprécie et qu’on aime peuvent être cons (Nordi doit le ressentir en ce moment <3 ).

    3/ Bill Murray est une exception à tout ce qui a été dit ci-dessus, il est parfait. Ca n’a rien à voir mais c’est important de le rappeler.

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  10. Je vais finir en formulant une proposition comportementale, puisque c’était l’idée.

    Et si finalement ce ne serait pas à la personne qui se sent suivie de changer de trottoir afin de voir si la personne la suit ? Tu sais, genre réglons le problème où il est (dans un esprit effrayé) puisqu’il ne s’est rien passé dans la rue.
    Ah non, ce ne serait pas très #GALANT (je sais à quel point ce mot peut-être nauséabond, c’est moche de ma part)


    PS : j’ai souvent l’impression de mal me faire comprendre (je pense trop vite pour arriver à formuler mes idées avant que mon connard de cerveau ne les oublie), je ne sais pas si Nordi me connaît suffisamment IRL pour savoir ce que je pense et où je veux en venir si jamais j’ai été trop brouillon. A défaut d’avoir fait passer mes idées, je les aurais écrites publiquement, un peu après la « bataille ».

    PPS : pardon pour les parenthèses, le tutoiement, les « connards » utilisés comme ponctuation. Je pense avoir évité la plupart des horreurs grammaticales vues plus haut. Je suis de Lyon, je mets des « y » partout. A aucun moment dans mon raisonnement je n’ai pris en compte les victimes de viol parce que ce n’était pas le propos. Je soutiens la doctrine indienne consistant à foutre le feu au connard qui t’a violé, le viol c’est un acte qui a tellement de conséquences qu’il devrait être puni de façon à ce qu’il ne soit JAMAIS réitéré par son auteur à défaut d’avoir pu le prévenir. Je n’ai pas non plus évoqué un fait qui me fait rager : le silence des victimes, qui s’il est légitime et compréhensible, participe à produire des chiffres complètement faux, et pire que tout, laisse l’auteur s’en tirer sans conséquence, prêt à recommencer.

    PPPS : The game.

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